Voyage en Europe centrale

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24 Avril: me voilà en route !

Début d’un voyage marquant pour moi. Deux mille kilomètres parcourus et peut-être autant de souvenirs durant ces 5 jours. Je suis conscient de la chance qui m’est donnée de découvrir notre histoire autrement.

Pourquoi faire ce voyage ? Devoir de mémoire ou simple curiosité ?

Tout d’abord, l’esprit de commémoration a toujours été présent chez moi, encore plus cette année puisque nous célébrons le centenaire de la Grande Guerre. La « der des der » comme elle était appelée mais chacun connait la suite.
Façonner mon propre avis, de mon vécu et de mon ressenti.
Je traverse l’Europe pour la première fois afin de découvrir des paysages, des cultures que je ne connais pas en dehors des livres d’Histoire.

Au total, c’est plus de 140 photos qui vous sont présentées ici.

 


25 Avril: me voilà en route vers Berlin

Berlin, capitale d’un pays ami.

Une ville qui continue de se reconstruire sans effacer son histoire. 20 années depuis la chute du mur et pourtant la différence entre les deux parties est encore sensible.

« Qui ne connaît pas de langues étrangères ne sait rien de la sienne. »
« Wer fremde Sprachen nicht kennt, weiß nichts von seiner eigenen. »
Johann Wolfgang von Goethe

 

La célèbre Brandeburg Tor (Porte de Brandebourg), symbole de la période de l’Allemagne divisée d’après guerre.

Le mur: 28 ans de séparation

A l’endroit même où étaient prises les décisions de la Gestapo, des SS et de la Sécurité du 3ème Reich, se dresse aujourd’hui le musée Topographie des terrors dédié à ces organisations du régime Nazi.

Rien ne reste des bâtiments qui abritaient alors les bureaux de ces organisations qui furent détruits durant les bombardements Alliés en 1945.

L’exposition en plein air s’étire au pied d’un segment préservé du Mur de 200 mètres et tout au long du site de fouilles des caves de la Gestapo, où les prisonniers politiques étaient interrogés, torturés et exécutés.

Checkpoint Charlie, poste de frontière connu pour les scènes de face à face entre blindés soviétiques et américains.
Haus am Checkpoint Charlie: Maison transformée en musée. L’histoire du mur, des resistants et aussi des tentatives de passage de la frontière. Encore plus qu’un simple musée, il se veut un hymne à la paix et à la liberté.

Potsdamer Platz, place détruite pendant la guerre, devenue durant la guerre froide un « no man’s land ». D’ailleurs certains d’entres-eux faisaient plus de 200 à 300m, infranchissable donc.

Une fois la guerre finie, l’occupation des pays vainqueurs terminée et le mur détruit, le pays est enfin réunifié, il redevient donc fédéral. C’est pourquoi il possède un conseil fédéral, Bundesrat, rassemblant les 16 Länder (Etats) allemands.

En plus des musées, des vestiges de cette époque historique, des sculptures modernes témoignent elles aussi.

Ainsi la Moderne Skulptur Molecule Man de Jonathan Borofsky flottant sur la Spree à Berlin est l’allégorie de la réunification tant attendue.

Mais heureusement, Berlin et l’Allemagne ne se résument pas qu’à cela…

Oh des ours! Symbole de Berlin, avec ou sans chope de Bière. On peut en croiser dans l’ensemble de la ville.

Et pour finir cette journée, un petit tour dans les rues de Berlin et au Sony Center, cet ensemble immense de bâtiments, de cafés, de cinéma et de bureaux.


26 Avril: DIRECTION CRACOVIE

Une journée de car, arrivé en fin d’après-midi. Je pense à la journée de demain, je me demande ce que je vais découvrir, l’horreur sûrement.


27 Avril: AUSCHWITZ – BIRKENAU

Le matin Auschwitz I et l’après-midi Auschwitz-Birkenau II.
Deux camps, éloignés de 3km, le premier, créé en 1940, était une ancienne caserne militaire agrandie par les nazis, le second est ouvert en 1941. Connus par tous comme les synonymes de la mort et de l’acte antisémite à son paroxysme.
Lorsque l’on arrive sur les lieux de Auschwitz II, on ne peut qu’être impressionné par l’immensité du camp. En effet Auschwitz a été le plus grand camp nazi, camp de concentration et d’extermination. 175 hectares !

Il est difficile de retrouver l’atmosphère de l’époque, surtout au printemps, les oiseaux chantent, les fleurs égaient le lieu. Malgré la saison, nous comprenions qu’il s’était passé quelque chose ici.
Les chiffres sont frappant, un million trois cent milles personnes ont été déporté dans cette « usine de la mort ».

Un million cent mille personne y est mort en 5 ans seulement, dont 90% de juifs, en majorité dans les chambres à gaz.
Qu’en est-il de la France? 69000 juifs déportés, cela à cause de la collaboration du gouvernement de Vichy.
Seulement 3% d’entre eux sont revenus, plus de 11 000 avaient moins de 18 ans.
Sur ces photos, les ruines des chambres à gaz et crématorium détruits juste avant la libération du camp.

En effet dans le camp, 1/5 étaient des enfants. Les enfants ayant été sauvés à la libération du camp par les soviétiques étaient sélectionnés pour participer à des expériences scientifiques, c’est pourquoi la majorité étaient jumeaux, les nazis voulant faire des découvertes à leur sujet.
Une anécdote du guide nous a fait comprendre la déshumanisation dans le camp. A la libération, des soldats demandaient aux enfants leur noms, ces derniers étant psychologiquement anéantis montraient leur tatouage sur leur bras.

Beaucoup témoignent de l’humiliation qu’ils ont vécue. Le musée souhaite donc ré-humaniser les victimes, par des photos, par des effets personnels aussi.

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28 Avril: Journée dans la vieille ville de Cracovie

Changement d’ambiance pour terminer le séjour. C’est dans les rues colorées et aux styles très variés que nous visitons la vieille ville de Cracovie (Krakow en polonais). Deuxième plus grande ville de Pologne, après Varsovie la capitale.

La ville est traversée par le tramway plutôt d’apparence rustique. En plus des moeurs et de l’Histoire, l’occupation soviétique a beaucoup marqué l’esthétique de la ville.

Tout comme Berlin avec l’ours, Cracovie a pour symbole le dragon.

La visite commence sur la colline fortifiée de Wawel où se trouve en plus du Château royal, la cathédrale dans laquelle repose des anciens rois de Pologne. Au sommet de celle-ci se trouve une cloche de 11 tonnes, son baton pèse 500kg. La légende veut que si l’on touche celui-ci avec la main gauche nos voeux se réaliseront.
La Pologne a la particularité d’avoir eu 11 rois élus, Henri III, devenu plus tard roi de France, en fit partie.
Devant la cathédrale, une statue du pape Jean-Paul II ayant été prêtre, évêque puis archevêque de Cracovie.

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Dans le quartier étudiant, toujours dans la vieille ville, se trouve l’Université Jagellonne, le Collegium Maius en est l’un des bâtiments. En 1490, l’université compta parmi ses étudiants, un homme célèbre de la Renaissance : Nicolas Copernic.

Après un peu de marche, nous nous éloignons du centre-ville pour nous rendre à la fabrique d’Oscar Schindler.
Rendue célèbre par le film de Steven Spielberg, elle a été transformée en musée. Ce dernier expose non seulement l’histoire des juifs sauvés par Schindler, mais aussi la vie quotidienne des cracoviens et l’activité de la Résistance. (Sur la troisième photo, un exemple de cachette utilisée pour mettre des armes)

C’est d’ailleurs dans le ghetto juif de Cracovie que certaines scènes du film ont été tourné. C’est aussi dans ce quartier qu’est située la tristement célèbre place aux chaises, symbolisant les objets laissés sur ce lieu après que les juifs, d’abord rassemblés sur la place, aient été déportés vers différents camps. Avant la ghettoïsation, Cracovie était un lieu où coexistaient toutes les communautés. Pour preuve, chaque nouveau roi devait signer un contrat, les Articles du roi Henri, ceux-ci incorporaient les Garanties de liberté religieuse. A la même époque en France se déroulait le massacre de la Saint Barthélémy, un contraste qui ne laisse aucun doute sur l’avancée constitutionnelle de la Pologne comparé aux autres pays européens.

Enfin la place du marché principal de Cracovie. Les styles des bâtiments vont du gothique à l’art nouveau en passant par le roman. Une place très colorée et vivante. Sur celle-ci se trouve la basilique Notre-Dame de Cracovie qui a la particularité d’avoir toutes les heures depuis la tour la plus élevée un trompettiste jouant le Hejnał, une mélodie traditionnelle polonaise. Elle est jouée vers les 4 points cardinaux successivement.

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29 Avril: Retour

Que retenir de tous ces chiffres ?

L’Histoire va vite, très vite. En 1933, Hitler est élu démocratiquement; en 1941, soit 8 ans après, le cauchemar nazi devient réalité, anéantir « les races inférieures ».

Je retiens aussi qu’un pays et sa population ne se résument pas à ses côtés sombres dans l’Histoire, aussi bien pour l’Allemagne, la Pologne et même la France.
Voyager, découvrir, apprendre, relativise toujours notre situation.